1984 Les Diableurs en Folie

Yves Sarazin – Remise des prix Mours-St-Eusèbe – 1984

Hervé « Zouzou » Gilbert, un des pionniers du Bicross Club des Diableurs de St-Denis-les-Bourg (01), nous a dégoté une petite vidéo bien rare comme on les aime, datée de 1984: 17 minutes d’images inédites de courses junior, entre Romans-sur-Isère (26) et Mours-Saint-Eusèbe (26). Ce montage super 8 a été réalisé à l’époque par Robert Largy, trésorier du club, et bien évidemment on retrouve des Diableurs sur chacun des plans, un certain Alain Broyer figurant en pôle position, facilement reconnaissable à ses cornes sur son casque… C’est également l’occasion d’avoir une pensée pour Yves Sarazin, présent dans la vidéo, et qui nous a malheureusement quitté il y a peu…

Hervé nous parle de Alain: « J’ai un bon souvenir de la piste de Mours pour le Championnat d’Europe puisque j’y ai terminé 7ème en finale en compagnie de Alain qui finira 2ème derrière Jean-Luc Ferré qui a eu très chaud aux fesses à l’arrivée… Si Alain avait pu prendre de bons départs, je pense que personne n’aurait jamais pu le suivre à l’époque, même des supers bons, j’en suis absolument certain. Il commençait vraiment à être en contact avec des fournisseurs. Il faut juste signaler que j’étais le seul 16 ans en finale 17 et +, il y avait trop de monde en 16 ans. Si tu avais vu avec quelle vitesse il m’a doublé dans la deuxième ligne droite… un truc de dingue! Et j’en ai d’autres comme ça, en Open Superclass à Givors, il était transcendé sur son bmx, il me foutait même la trouille parfois car il voulait toujours « pourrir » les grosses têtes, il ne lâchait rien jusqu’au jour où… crac [NDLR: fracture des scaphoïdes] »
Et perso, quand je suis arrivé chez les Diableurs en 1986, il y avait cette légende autour d’Alain, ce pilote qui aurait pu devenir Superclass s’il ne s’était pas blessé… Je ne l’ai jamais rencontré à l’époque, c’était un mythe, ce champion mystérieux avec ses cornes… Et je l’ai croisé pour la première fois à la Oldschool de Cavaillon en Août 2013!!!
Yves Sarazin avait d’ailleurs déniché une bande super 8 avec une manche du Championnat d’Europe à Mours où on voit Alain survoler sa catégorie:

J’en profite pour compléter par une autre anecdote de Hervé au sujet de Alain : « C’était je crois en 1985 ou 86, les connaisseurs pourront confirmer, à Givors sur la nouvelle piste rénovée pour une une open superclass/expert, il y avait du beau monde pour cette course, dont la visite de Mike Miranda, complètement improbable et fou pour nous tous, je ne sais pas comment le club s’était débrouillé mais la classe… La piste était légèrement en descente et bien classique mais surtout rapide et pas trop technique, idéale pour notre Diableur Alain… Comme à son habitude notre Diable était toujours discret, jamais d’esbroufe, et peu de monde le connaissait au niveau national… Mais là ils ont découvert un vrai talent de pilote avec le Béry rose, il fallait voir tout le monde sur le bord la piste, bouche bée !! J’exagère un peu peut être mais beaucoup de superclass à l’époque ont flippé quand ils l’ont vu survoler les qualifs avec son style si inhabituel, trajectoires de fou et une vitesse supersonique. Je m’en souviens comme si c’était hier, il y a des choses dans la vie qui restent scotchées dans la mémoire. Comme d’habitude les places idéales sur la grille de départ étaient les 4 proches de l’intérieur, lui était à la 8, bref la grille pourrie normalement. Le départ est donné, Alain toujours à la rue prend un départ moyen et est dans le groupe à l’arrivée du premier virage, et là il décide de ne pas plonger à la corde mais de continuer complètement à l’extérieur, les manivelles du Béry en 185 (pédalier prototype Béry) tournaient comme un moulin en pleine tempête, on voyait le vélo se tordre sous les assauts des coups de pédales et la roue arrière se dérobait en laissant une belle trainée sur le sol, j’y croyais pas mais notre Alain est sorti premier du virage, ça m’en donne encore de frissons, c’était MAGNIFIQUE, tout le monde était stupéfait, du très grand pilotage et sens de l’attaque et du culot qui payait, malheureusement il ne put aller bien loin il souffrait trop de ses blessures aux poignets. Un grand pilote qui restait toujours humble et n’était jamais satisfait de ses résultats dommage qu’il n’ait pas continué, pour nous tous au club c’était une fierté qui nous poussait à nous surpasser et aller de l’avant. »

Un gros merci à Hervé pour la VHS et les souvenirs…

Yves Sarazin et Hervé Gilbert lors d’une course Junior à Romans – 1984

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