Saulon Old School Reunion par Monsieur Claude Vuillemot

Au tour de Claude Vuillemot lui-même de nous livrer ses impressions sur ce fameux week end de Saulon où le père et le fils ont brillé. On sent que Claude est resté un compétiteur dans l’âme dont la sympathie n’a d’égal que son goût intact de la « gagne ». Merci Claude de nous faire partager ces moments…

Saulon Inside Claude Vuillemot, c’est dessous et une exclu pour olschoolbmxfrance.com ! (Crédit photos: Joce Vuillemot)

« On l’attendait toutes et tous cette journée du 23 juillet…

Retour en arrière de quelques semaines…

 Quand Fred Duclos le président du club de Saulon la Chapelle m’a dit vouloir organiser une « oldschool » un mois et demi avant l’évènement, j’étais un peu dubitatif sur la possibilité de réunir du beau monde en s’y prenant si tard. Mais c’était sans compter sur le désir de se revoir de pas mal d’anciens pilotes des années 80 et tout particulièrement ceux du team Motobécane Mongoose avec lesquels j’ai gardé quelques contacts. Me voilà donc parti dans une quête impossible, passant des coups de fils tous azimuts pour tenter de rameuter les vieux potes.

De jours en jours, la liste des « promesses » de présence s’allongeait avec des rebondissements jusqu’à deux jours avant. Un mal pour un bien : Le fils de Xavier blessé n’allait pas pouvoir participer à sa compétition de VTT (le pauvre) mais du coup cela permettait au pilote GT d’être des nôtres. Gianni Lalli qui devait être prévenu par Luc n’avait pas eu l’info. Heureusement, lorsque j’ai pu le joindre le jeudi 21 au soir (2 jours avant), il a immédiatement été emballé. Bilou Kastler (prévenu aussi à l’arrache) quant à lui ne pouvait se déprendre en raison de son boulot. Luc devait déclarer forfait à la dernière minute ayant pris un engagement par ailleurs et Franck Roman qui, habitant actuellement du coté de Bordeaux, ne pouvait plus organiser son déplacement.

Parmi la première promo des superclasses, 5 allaient être présents. Imaginez quel bonheur de retrouver : Gianni, XR, Edouard accompagnés de Christophe Vico.

Evidemment, j’avais revu certains d’entre eux, parfois récemment même. Mais pour d’autres comme Sylvain Billon et Gianni, ça remontait à l’an 2000. Plus encore : je n’avais pas eu la chance de croiser Laurence Simon depuis … 25 ans peut-être. Mais finalement, si les années ont passé, le souvenir est resté intact et immédiatement lorsque l’on s’est retrouvé, on a eu l’impression que les années 80, celles de la folie du bicross à ses débuts, c’était hier.

Le grand jour arrive.

Claude et Valentin Vuillemot en tenues d'époque.

Le matin, j’ouvre les cartons et retrouve des vieilles tenues MBK et Oxbow. Je choisi le pantalon avec lequel Stu Thomsen (le pionner des ricains) avait roulé à Bercy. MBK lui avait fait un contrat spécial pour cette course et j’avais récupéré ce joyau.

Pour le bike, je me dis qu’il va falloir jouer le jeu de l’évènement historique. C’est naturellement le MBK du japon en 84 que je décide d’embarquer. Ce cadre proto avait été spécialement modifié à ma demande (car je trouvais que les mx 400 n’avaient pas assez de hauteur entre le boitier de pédalier le collier de selle. Je trouvais qu’ils manquaient de rigidité et puis avec les selles hautes, l’esthétique ne me convenait pas complètement). Petit anecdote autour de ce vélo : j’ai tapé de l’avant sur la quadruple en première ligne au japon, ce qui m’avait voulu une énorme boite. Les deux tubes qui partent de la colonne de direction s’en souviennent encore car ils sont légèrement tordus.

Au fil des heures de la matinée, ça me turlupine et je décide de me munir d’un second vélo, plus récent : le Holmes avec lequel j’ai fini ma carrière. Maladroitement d’ailleurs puisque je m’étais retrouvé à terre sur la première double de Vesoul en juillet 1993 pour ma dernière apparition officielle. Ne me demandez pas comment c’est arrivé, j’ai eu une perte de connaissance de plusieurs minutes assez traumatisantes. Imaginez que sur le moment, je ne me souvenais pas que je venais de me marier quinze jours auparavant !

Me voila donc en train de dépoussiérer le S&M. J’aurais pu me la jouer Pirates des Caraïbes tellement il y avait de toiles d’araignées. Chris qui était là à préparer sa monture me donne un petit coup de main et il va même jusqu’à mettre un peu de dégrippant sur la chaine au cas où je décide d’appuyer un peu sur les pédales.

Midi : on se retrouve avec quelques uns à la maison autour d’un barbecue et de quelques souvenirs. Un grand moment que je n’ai malheureusement pas pu partager avec tous les présents du jour car il aurait fallu une salle des fêtes.

14 heures : la surprise. J’avais combiné la veille avec Jean Luc Ferré qu’on se ferait un appel vidéo sur skype. Un grand merci à lui d’avoir mis le réveil à 5 heures depuis la Californie pour le plus grand plaisir de tous les présents.

Je suis obligé de les secouer pour qu’on soit à l’heure. Ca traine à table. Certains s’échauffent sur la mini piste à coté de la maison. On décolle de Boncourt direction Saulon.

Pas de bol on arrive quand les essais se terminent. Ca commence un peu mal et on se fait déjà remarquer !!! On tombe dans les bras d’Edouard et Fred Cassan qui sont arrivés directement à la piste. René est là aussi avec M. Legrand (papa d’Erika). José est déjà installé sous la tente avec ses vélos du musée. On salue tous les autres oldschool qui ont eu l’amabilité de venir à cette rencontre. Parmi eux, Olivier Imbert un des pionniers dont le père (Raymond) a été le président et fondateur de l’AFB avec Réné et quelques autres.

En discutant, j’apprends qu’il y a une course Cruiser. Ca tombe bien, j’avais aussi apporté un vieux Boss que je devais vendre à Philippe. Allez, je me lance dans la compét 24 pouces.  Dur dur de se motiver sous cette chaleur de plomb. Comme la piste est physique, je la joue tactique sans trop forcer sur les premières lignes et au fil des tours, je rentre dans la course. C’est plus fort que moi, je m’étais promis de rouler cool, pour le fun. Je l’avais promis à Xav mais quand je suis derrière une grille, je ne sais pas me retenir. Il faut que j’attaque. Et me voilà 2edans le dernier virage en finale avec encore un peu de jus. Qu’est ce que je fais, je lance le sprint pour le spectacle ? C’est parti ! Les jambes commencent à chauffer un peu mais ça rappelle de bons souvenirs. Je regarde à gauche en me disant que David doit avoir gagné mais les pointeurs en décident autrement en m’attribuant la victoire. Quelle belle bagarre. Je suis à la  fois surpris et crevé. Sur le coup, je me dis que je ne pourrai pas faire le 20 pouces tellement j’ai mal aux jambes. Et puis, non. C’est là qu’il y a le plus d’inscrits. Je me dois de le faire.

Claude et Philippe Loeullier

Nouveau challenge et nouveau temps de réadaptation au vélo. J’ai pas fait de 20 pouces depuis des années mais les sensations reviennent vite. Après un première start en roue arrière, je dompte la bête et réussi même à me faire plaisir. Me revoilà en finale. Cette fois, je pars pour faire au mieux 2 ou 3. Edouard nous présente comme si on était des finalistes aux J.O. ! J’ai pas de stress car je suis persuadé que je ne vais pas gagner. Le starter lance la box. C’est un départ long. Je patiente et me surprend à faire une sortie de grille impeccable. Belle première ligne à la bagarre. Je profite de mon placement à l’intérieur sur la grille pour me faufiler en bas au premier virage. Je glisse un peu de l’avant, pose pied à terre et je m’attends à me faire déposer sur l’accélé suivante. Personne ne parvient à me rejoindre alors je me dis que je vais pouvoir assurer la 2e place. Un bon cabré (sans taper cette fois – mais il a fallu que je m’arrache) suivi d’un extérieur en 2e virage : voilà ce qui m’a permis de me rapprocher rapidement du leader en 3e ligne. Comme je suis dans sa roue, je l’attaque pour le fun en pensant qu’il a un meilleur finish. Mais il abat ses cartes en m’avouant ouvertement qu’il n’a plus rien dans les jambes. Je m’engouffre dans la brèche et décide de tout donner. C’est donc le doublé inespéré qui me rappelle de bons souvenirs. Et puis ce Holmes, il aura au moins terminé sa carrière en passant la ligne d’arrivée (ce qu’il n’avait pas fait à Vesoul en 93). Les vieux démons sont exorcisés !

Certains doivent à nouveau traverser la France dès ce soir ou demain matin de bonne heure. C’est passé trop vite. Il faudra qu’on remette ça un de ces jours. C’était vraiment génial !

Podium avec David Ceyssel et Philippe Loeullier
Au micro avec Ed Cordier
A l'attaque...

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